Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 16:58

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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 16:46
Dans le monde du Bien, les collectifs poussent comme des champignons à l'automne. A l'instar du sans papier, de l'intermitent du spectacle, de l'enseignant pro-pygmés, le chercheur a lui aussi son collectif: le collectif "sauvons la recherche".  Mais contre quoi se battent nos vaillants chercheurs collectivisés? quelle menace met la recherche en péril? Gros naif que vous êtes, vous pensez aux imbéciles qui détruisent des champs expérimentaux, aux restrictions légales qui entravent les recherches sur les OGM ou sur les cellules souches, vous pensez au poids idéologique qui écrase toute recherche un peu originale en génétique des populations, ou sur le réchauffement climatique... Et bien vous pensez mal. Pour sauver la recherche il faudrait, selon la pétition du collectif susdit, dans l'ordre:

1 – Que toute évolution du dispositif de recherche se fasse dans le respect de l’autonomie scientifique et des principes de collégialité et de démocratie des institutions universitaires et de recherche.

2 – Que des moyens suffisants, financiers comme humains (chercheurs et enseignants-chercheurs, personnels de soutien technique et administratif), soient attribués aux universités et aux organismes, sur une base pluri-annuelle. Les établissements pourront ainsi construire une politique scientifique, leurs laboratoires pourront développer leurs propres projets et le principe de fonctionnement de la recherche et de l’enseignement supérieur sur la base de postes statutaires, garant d’une indépendance effective, sera préservé.

3- Que le CNRS couvre tous les champs du savoir, afin de pouvoir développer une politique scientifique globale et faire collaborer les disciplines entre elles.

En clair, les chercheurs veulent faire ce qu'ils veulent (1), avec plus d'argent (2) au sein d'un CNRS aussi planifiant et sovietoide qu'en 1945 (3). Bref protéger un vrai et Grand Service Public de la recherche que le monde nous envi (sans doute).
 
Pour avoir une idée de ce qu'est un grand et beau service public de la connaissance, visitons le  site du CNRS.

Premiere impression, le site a des airs de on-s'en-fout-personne-ne-viendra-jamais-nous-lire assez déroutant:
 
- La présentation des bilans changent de forme chaque année. 

- Les effectifs du département "science de l'homme et de la société" passent bizarrement de 3900 en 2004 à 20 000 en 2007. (le chiffre  des effectifs ne tient meme pas sur le graphique...). 

- Le site du CNRS utilise un moteur de recherche vintage qui vous rappelera avec émotion la premiere guerre du golfe, le crépitement d'une connection 56ko, les 12 minutes de comètes netscape pour charger une page, bref nos 20 ans dans les nineties (le CNRS emploie 1500 chercheurs dans les télécoms).


On apprend  que le CNRS compte 3 fois plus de chercheurs en sciences sociales (sociologues, ethnologues, historiens, archéologues...) que de physiciens: 4000 contre 1300.
Le département 
  "science de l'homme et de la société"  bénéficie d'un dotation globale de 253 millions d'euros en 2007.  Soit, bon an mal an, 2 milliards et demi pour dix années. De quoi lancer un genre de programme Appolo sur la compréhension des rituels pygmés, ou passer la moitié de la vallée du nil
à la brosse à dents

En sale poujadiste que vous êtes, vous vous posez sans doute cette question: 
 
Quelles découvertes majeures font 4000 chercheurs d'Etat en science sociale en une année?

Pour y répondre  nous cherchons le rapport d'activité du CNRS.  
 
Le dernier rapport d'activité publié sur le site date de 2004. Sur les 113 pages que comptent le rapport d'activité, 7 sont consacrées aux ''percées scientifiques majeures''. Et sur ces 7 pages une est dédiée spécifiquement aux percées scientifique majeures de notre  département  "sciences de l'homme et de la société"  (à 250 millions d'euros par an).

Alors là, accrochez vous, les deux percées scientifiques majeures en sciences humaines l'année 2004 sont (P.19):

1) la découverte d'un chat domestiqué à Chypre en 7000 av JC.
2) la traduction d'un manuel de mathématique chinois du premier siecle. 

Fichtre! et on parle là de "
 percée scientifique majeures", imaginez ce que peut etre" une avancée modeste"...

En somme, pour l'équivalent de 10 000 appartements, ou 400 000 écrans plats, ou 1 million de playstations, ou 50 millions de livres de poche, ou 4800 ans de vacance aux seychelles, une 
dream team de 4000 chercheurs-fonctionaires bouleversera complètement votre vision de l'interaction homme-chat au néolithique. 


Naivement vous pensiez que le CNRS était un organisme mettant des moyens techniques  à la disposition des esprits les plus brillants de leurs générations. En fait non, le  CNRS est un  ''organisme citoyen pour une science au cœur de la sociéte''(p.98). Le CNRS se mobilise citoyenement pour la parité homme/femmes dans la recherche  dans les télécoms en participant à l'opération " des carrieres scientifiques pour tous'' (p.113), au colloque Gender Action Plan (p.112), au journées d'études ''renforcer le genre dans la recherche" ainsi qu'au décisif séminaire '' genre et militantisme"...

Un collectif en somme...( à 3 milliard d'euro par an).

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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 16:44

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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 16:37

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